Courrier corruption UkraineLe renversement du gouvernement en Ukraine a mis en lumière le haut niveau de corruption dans ce pays, classé 144e sur 176 au plan mondial sur ce critère. Les groupes français établis dans le pays en savent quelque chose, comme par exemple Auchan, qui exploite sur place une dizaine d'hypermarchés.

Dès 2008, année de son arrivée en Ukraine, l'enseigne de la famille Mulliez a été confrontée à des demandes de pots-de-vin, comme en atteste le document ci-joint. Dans ce courrier adressé à la filiale ukrainienne du distributeur, cette société d'expertise, qui est intervenue comme intermédiaire entre le groupe et l'administration pour l'ouverture d'un magasin, réclame ainsi 25 000 dollars. C'est le prix qu'elle a dû payer, en liquide écrit-elle, pour régulariser la situation du magasin suite aux différents travaux réalisés au niveau de la structure du bâtiment. Le courrier précise que cette régularisation ne prémunit pas Auchan contre les éventuelles poursuites qu'une expertise officielle pourrait entraîner.

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Mardi 25 février 2014 2 25 /02 /Fév /2014 12:56
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Dans l’affaire de la préfecture d’Ille-et-Vilaine, il y a bien sûr les soupçons d’abus de pouvoir pesant sur le chef de bureau de la nationalité (voir l'édition en kiosque du Mensuel de Rennes). Il y a également la responsabilité de la hiérarchie préfectorale qui, en dépit des mises en garde, avait néanmoins remis en poste le fonctionnaire aujourd’hui débarqué. Mais tout aussi inquiétants sont les dysfonctionnements intervenus sur la chaîne de détection et d’alerte entre la Ville de Rennes, la préfecture et le parquet.

Si à ce jour, aucune enquête de la police judiciaire n’a été diligentée, c’est parce que les services ayant eu connaissance des faits (des relations sexuelles imposées en échange de titres de séjour), ont précisément fait en sorte d’éviter l’ouverture d’une information judiciaire. La responsabilité en incombe à Nathalie Appéré, l’adjointe de la Ville de Rennes alors en charge du dossier, qui - violant ainsi le code procédure pénale - a préféré demander à ses services d’alerter discrètement la préfecture plutôt que de prévenir le procureur de la République.

L’élue - candidate à la succession de Daniel Delaveau aux municipales de 2014, n’a pas souhaité répondre à nos questions. En revanche, et s’exprimant au nom de la Ville, Gilles Suignard, directeur général des services, nous a  fourni une justification. « Nous n’allions tout de même pas prévenir le parquet. Vous savez les dégâts que ça fait de mettre quelqu’un dans les pattes de la justice ? Et je ne vous dis pas quand la personne est condamnée pénalement. On ne s’en remet jamais. » C’est donc sûr cette base, qui traduit une ahurissante défiance vis à vis de l’autorité judiciaire, qu’à la fin de l’hiver 2012, la mairie a enclenché l’étouffement de l’affaire.

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Lundi 8 juillet 2013 1 08 /07 /Juil /2013 13:31
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Le Mensuel de Rennes a publié, dans son édition de juillet-août, mon enquête consacrée à des soupçons d'abus de pouvoir en préfecture. La préfecture de Rennes a réagi ce jeudi soir.

Suite à la publication, dans Le Mensuel de juillet-août, en kiosque depuis ce jeudi, d'un article consacré à des soupçons d'abus de pouvoir en préfecture, la préfecture de Rennes a réagi en publiant un communiqué.

Dans celui-ci, les services de l'Etat ont souhaité "revenir sur le fond [des] allégations". Ils confirment, en filigrane, l'intégralité des informations contenues dans notre article, à savoir l'alerte lancée par la mairie de Rennes suite au témoignage d'une migrante concernant de présumés échanges de faveurs sexuelles contre l'obtention de titres de séjour.

Ils confirment également avoir diligenté une enquête de l'Inspection générale de l'administration à l'encontre du chef du bureau de la nationalité en poste depuis 2009.

Ils affirment cependant, contrairement à ce que nous avons écrit, qu'"aucune information défavorable, concernant le futur chef de bureau [avant que celui-ci ne soit nommé à son poste], n’avait été portée à la connaissance des services et des autorités en charge de cette nomination".

A ce sujet, Le Mensuel maintient l'intégralité de ses informations, confirmées par des sources internes.

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Jeudi 4 juillet 2013 4 04 /07 /Juil /2013 19:34
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En préfecture de Rennes, l’ancien chef de bureau de la nationalité est soupçonné d’avoir abusé de son pouvoir en délivrant des titres de séjour contre des faveurs sexuelles. Une sale affaire qui embarrasse la préfecture, mais aussi la mairie et le parquet.

 

IMG 7436C’est une affaire que la préfecture d’Ille-et-Vilaine s’employait à étouffer depuis près d’un an. En juin 2012, l’Inspection générale de l’administration (IGA) a rendu, dans la plus grande discrétion, un rapport accablant pour le service en charge de la délivrance des titres de séjour aux étrangers. Considéré comme le responsable des dysfonctionnements pointés par l’IGA, le chef du bureau de la nationalité a immédiatement été remplacé.

La désorganisation administrative rapportée par les inspecteurs semble pourtant loin d’être la seule explication à ce changement d’organigramme. Selon nos informations, ce fonctionnaire est soupçonné d’avoir abusé de son pouvoir pour accorder de manière indue des titres de séjour à de jeunes femmes, notamment originaires du Ghana et du Maroc. A l’origine de l’inspection : le témoignage d’une migrante recueilli en février 2012 par les services sociaux de la ville de Rennes, faisant état de relations sexuelles que le chef du bureau de la nationalité lui aurait imposées en vue de sa régularisation administrative. Que s’est-il passé depuis ? Pas de plainte, pas d’enquête, pas de bruit : l’affaire est restée cantonnée, pour l’instant, au stade administratif. Et rien n’a été retenu par le parquet contre le fonctionnaire, qui semble avoir bénéficié de l’apathie des plus hautes autorités locales durant plusieurs années. (en photo, le préfet Michel Cadot et le procureur Thierry Pocquet-du-Haut-Jussé).

Lire la suite dans le Mensuel de juillet-août, en kiosque ce jeudi 4 jullet 2013

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Mercredi 3 juillet 2013 3 03 /07 /Juil /2013 09:30
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France 3 diffuse ce lundi 8 avril un film d’Antoine Vitkine consacré à Edouard Leclerc, »l’épicier de la République ». Voici quelques extraits du communiqué de présentation diffusé par la chaîne :
Ce documentaire raconte la face cachée de l’inventeur de la grande distribution moderne, ou plutôt ses faces cachées, tant sa vie est pleine de secrets et de contradictions. Petit épicier qui a bâti un empire à la force du poignet, il fut également soutenu par le pouvoir gaulliste. Ancien séminariste demeuré toute sa vie dans sa ville de Landerneau, il fut aussi un homme de réseaux et de coups médiatiques. Défenseur du pouvoir d’achat au discours chrétien social, il a n’en a pas moins servi sa cause d’une main de fer, n’hésitant pas à recourir à la violence et à l’intimidation. Réformateur du commerce, il a suscité la révolte des commerçants et failli plonger la France dans une guerre civile économique. A la tête d’un empire florissant, il n’a pourtant pas choisi de s’enrichir. Personnage public et populaire, envisageant même de se présenter à l’élection présidentielle, il dissimulait cependant un terrible secret, celui de son comportement sous l’Occupation. Incarcéré à la Libération, accusé d’avoir dénoncé des habitants de Landerneau, il est revenu dans cette même ville, au vu et au su de tous, et y a ouvert une épicerie qui bouleversait l’ordre établi. Icône de la grande distribution, décoré de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy au soir de sa vie, il s’est vu confronté à de nouvelles accusations surgies de Landerneau, sa ville qu’il portait comme l’étendard de son aventure commerciale.
Nourri de témoignages inédits et d’archives peu connues, ce film retrace la vie d’Edouard Leclerc, personnage romanesque et troublant. C’est aussi une page de l’histoire de notre pays que l’on parcourt, depuis les formidables mutations des Trente Glorieuses jusqu’aux tabous de la collaboration.

Pour mémoire, après le décès d'Edouard Leclerc en septembre 2012, ses héritiers ont abandonné les poursuites engagées contre moi suite aux informations publiées sur ce site au sujet du comportement d'Edouard Leclerc sous l'Occupation. 

Par Bertrand Gobin
Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 22:04
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TGI de Paris

 

Le palais de justice de Paris : voilà où peut mener une enquêteMarianne 2 avril 2011 001-copie-1 journalistique, en l'occurrence celle que j'ai consacrée à la Légion d'honneur attribuée à Edouard Leclerc. S'estimant diffamé - ce  que je réfute évidemment -, l'homme d'affaires a porté plainte et obtenu de la 17e chambre correctionnelle ma mise en examen. Celle-ci m'a été signifiée jeudi 7 avril (2011). Le procès aura lieu dans les prochains mois (... les 31 janvier et 1er février 2013 en fait !). L'hebdomadaire Marianne a consacré un article à cette affaire.

Je remercie au passage le comité de soutien et les nombreuses personnes qui s'y sont associées.

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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 22:03
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Ci-dessus, un extrait de l'enquête d'Hugo Plagnard "Les hochets de la République", diffusée sur France 2 le 13 janvier 2011, dans Envoyé Spécial.
Par Bertrand Gobin - Ecrire un commentaire
Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 23:45
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Un an après qu'Edouard Leclerc se soit rendu à Paris pour recevoir des mains de Nicolas Sarkozy sa Légion d'honneur, j'ai eu moi aussi une occasion particulière de "monter à la capitale". Mais dont je me serais volontiers passé. J'avais en effet rendez-vous dans les locaux de la police judiciaire où, sur commission rogatoire du tribunal de grande instance, un capitaine de la BRDP souhaitait m'entendre.

Feignant d'ignorer les nouveaux éléments de son dossier mis au jour tout au long de mon enquête, l'épicier de Landerneau a porté plainte pour diffamation. Ma mise en examen devrait suivre sous peu. Pour les internautes qui découvrent aujourd'hui cette affaire, je renvoie à mes précédents articles. Le plus ancien, daté du 16 février, se trouve en tout bas de page.

Deux infos complémentaires :

- Jeudi 13 janvier, sur France 2, l'émission Envoyé Spécial inclut un reportage sur le sujet.

- Quelques amis, sensibles à la liberté de la presse, ont mis en place un comité de soutien. Un site est en ligne : www.soutienbertrandgobin.com. Une pétition y est ouverte, demandant à Edouard Leclerc d'arrêter ses poursuites.

Par Bertrand Gobin
Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 22:21
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EL

Au début de l'été, Michel-Edouard Leclerc a sollicité un rendez-vous avec le préfet du Finistère afin de lui demander pourquoi il s'était opposé à ce que son père soit décoré de la Légion d'honneur. Pascal Mailhos connaissait les faits de collaboration reprochés à l'homme d'affaires sous l'Occupation. Mais son avis n'a pas été suivi par l'Elysée, l'intéressé s'en était d'ailleurs plaint auprès de Claude Guéant. Privilégiant ses bonnes relations avec Leclerc fils - n'oublions pas qu'il est l'un de ceux qui lui avaient inspiré le thème de sa campagne sur le pouvoir d'achat -, Nicolas Sarkozy, Grand maître de l'Ordre national, avait choisi de passer outre l'avis préfectoral.

En complément des multiples éléments de preuve déjà en ligne sur ce site, la mise au jour de nouvelles pièces de ce dossier atteste des raisons pour lesquelles l'ancien patron des RG, nommé dans le Finistère en juillet 2008, ne pouvait approuver la remise de décoration à l'épicier de Landerneau. Lequel, rappelons-le, a échappé à son procès sur la base d'une certificat médical de complaisance l'ayant déclaré "irresponsable des ses actes".

Voici donc, en exclusivité, ce que le fils Leclerc a pu apprendre lors de son rendez-vous à la préfecture de Quimper.

Répertoriée aux archives sous le numéro de versement 1045W7, la déposition du nazi Herbert Schaad, adjoint du chef du Kommando de Landerneau, est accablante pour Edouard Leclerc. Son nom figure en effet noir sur blanc parmi ceux des 19 membres français de ce Kommando chargé de mener la chasse aux résistants.

Le procès-verbal d'audition de l'officier SS liste par ailleurs dans le détail les 26 opérations menées entre le 15 avril et la fin juin 1944. Le nom d'Edouard Leclerc apparaît dans trois de ces affaires. Voici les extraits du PV :

 Arrestation des Gars d'Arvor

- "Un soir, le jeune Edouard Leclerc, qui m’avait auparavant fourni des renseignements, est venu me trouver à la Kommandantur pour me signaler une liste de personnes de Landerneau qui s’absentaient fréquemment la nuit et qui devaient faire partie de la Résistance. Sur cette liste figurait le nom de Paugam père. Leclerc nous accompagna pour nous indiquer les domiciles des personnes qu’il avait désignées. Cinq ou six arrestations furent opérées, dont celle de Henri Lagadec qui nous avait été signalé par Corre."

Affaire Liserin

- "Ce n’est pas Mme Liserin mais Edouard Leclerc qui nous a signalé que Lucien Liard était communiste et faisait partie de l’association « Les Faucons Rouges ». A cette occasion, Edouard Leclerc nous signala également que M Hourdet, Directeur Général de l’Office Central avait touché du blé en supplément et nous a laissé entendre que cela lui permettait de ravitailler le maquis."

Arrestation de Le Page

- "Edouard Leclerc est venu à plusieurs reprises à la Kommandantur. Il m’a dit qu’il était un fervent partisan de la collaboration et que c’était pour cela qu’il me faisait des offres de service.

Quelques temps plus tard, me disant qu’il était repéré et que c’était trop dangereux de venir à la Kommandantur, il me fixa des rendez vous dans le cimetière. Mais je n’attachais pas une grande importance à ce qu’il me disait.

Il m’annonça un jour que le gardien du cimetière Le Page lui aurait offert un pistolet. Les frères Le Page furent arrêtés puis relâchés sur l’intervention du père de Edouard Leclerc.

Il me signala également un dépôt d’armes dans le cimetière, mais nous n’avons rien trouvé. Il dénonça Le Lann qui avait rejoint le maquis.

Enfin, il me remit une liste sur laquelle figuraient des noms dont celui du père Pengam, des deux frères Corre. Edouard Leclerc nous accompagna pour effectuer ces arrestations, mais je ne crois pas qu’il ait revêtu l’uniforme allemand pour cette occasion."

Edouard Leclerc en uniforme allemand

Cette dernière précision laisse à penser que si "pour cette occasion", Leclerc ne revêtait pas l'uniforme, il le revêtait pour d'autres. Une information à rapprocher de deux témoignages. Tout d'abord, les propos, dignes de foi, de deux personnes de Landerneau (frère et soeur) recueillis par l'historien Joël Le Bras* et  qui lui ont spontanément affirmé avoir vu un soir Leclerc circuler en uniforme allemand dans les rues de Landerneau. Ensuite, le témoignage de Paul Leclerc, le propre frère d'Edouard, qui a déclaré être un jour tombé nez-à-nez sur son frère, armé d'une mitraillette, qui accompagnait des Allemands lors d'un contrôle à un carrefour. Paul Leclerc, qui à l'époque des faits partageait sa chambre avec Edouard, a par ailleurs raconté comment, à la nuit tombée, une fois la maison endormie, il arrivait à son frère de descendre par la fenêtre, aidé d'une corde à noeud, pour aller rejoindre Schaad.

* Joël Le Bras est co-auteur des Chroniques de la guerre 1939-1945 dans le Finistère en six volumes.

 

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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 07:15
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Un "émissaire" finistérien aurait été sollicité pour établir, à titre informel, le contact avec Edouard Leclerc. L'objectif : amener l'intéressé à rendre de lui-même sa Légion d'honneur plutôt que de s'exposer à la situation, beaucoup plus préjudiciable, de voir son cas traité par le conseil de l'Ordre. Cette personne pourrait être le préfet honoraire Yves Guyader, qui n'a pu être joint pour confirmer l'information.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que des courriers demandant des explications au sujet de la Légion d'honneur remise à Edouard Leclerc arrivent sur le bureau du grand chancelier. Outre les membres de la famille Pengam, des représentants d'associations d'anciens combattants et de déportés ainsi que des députés ont fait part de leur étonnement au sujet de cette décoration.

Le général Jean-Pierre Kelche n'a pas donné suite à ces courriers. Il termine son mandat dans quelques jours et ne souhaitait manifestement pas engager une procédure disciplinaire devant le conseil de l'Ordre à la veille de son départ. C'est donc son successeur, très probablement le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d'état-majour des armées, qui va trouver le dossier en prenant ses fonctions.

Sans attendre cette nomination, au sein de la SEMLH, la société d'entraide des médaillés, plusieurs militaires de haut rang, scandalisés par cette décoration, s'activent en coulisses. Ce sont eux qui auraient demandé au Brestois Yves Guyader de se rendre à Landerneau. 

Le prétexte de la mise au jour d'éléments nouveaux (ceux que j'ai publiés le 16 février dernier), postérieurs à la publication de la promotion du 1er janvier 2009, offre une porte de sortie bien commode. Elle évitera à Leclerc de perdre la face - un impératif pour l'enseigne qui prépare la méga animation commerciale de son 60e anniversaire - et à la grande chancellerie d'avoir à s'expliquer sur le passage en force élyséen.

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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 12:36
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EXCLUSIF - Rebondissement dans l'affaire de la Légion d'honneur d'Edouard Leclerc : le préfet du Finistère, sollicité fin 2008 par la grande chancellerie aux fins d'instruire la demande de décoration, avait en fait donné un avis négatif. D'une part, Pascal Mailhos se conformait à la décision d'un de ses prédécesseurs, Pierre Hosteing qui, le premier, s'était opposé à ce que la République honore l'épicier au passé controversé. D'autre part, le nouveau préfet du Finistère ne manquait pas d'expertise en matière de consultations d'archives : il était jusque-là le directeur central des Renseignements généraux. Autant dire que l'avis qu'il envoie à la grande chancellerie est sérieusement motivé.

Quelle ne fût donc pas sa surprise quand il a appris que le nom de l'homme d'affaires breton figurait sur la liste de la promotion du 1er janvier 2009. Furieux que son avis n'ait pas été retenu, il se renseigne auprès de la chancellerie où on lui fait comprendre que c'est l'Elysée - le président de la République est le grand maître de l'ordre - qui a pris la décision de décorer Leclerc. S'ensuit un coup de fil à Claude Guéant : Pascal Mailhos lui dit à quel point il est "scandalisé" par la manière avec laquelle l'Elysée est passé outre son avis.

Comment le secrétaire général de l'Elysée parvient-il à calmer la colère du préfet du Finistère ? Claude Guéant a-t-il demandé à Bernadette Malgorn, qui lui avait succédé à la préfecture de Bretagne et qui a longtemps eu Mailhos comme bras droit, d'intervenir ? Une chose est certaine : Pascal Mailhos n'a plus évoqué le sujet. Peut-être aussi appréhendait-il de se faire traiter de "fieffé salaud" par le fils Leclerc.

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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 07:24
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JT-France-3-Affaire-Leclerc-22-04-2010.JPG

Depuis quelques jours, le service de communication d'E.Leclerc et Michel-Edouard lui-même (MEL, le fils) s'emploient à décourager les journalistes de s'intéresser à la polémique relative à la Légion d'honneur décernée au fondateur de l'enseigne. Y compris sur le mode "ne vous faîtes pas les alliés de nos concurrents, ne rendez pas ce service aux grandes multinationales". On croit rêver...

Jeudi, les rédactions ont reçu un communiqué expliquant en substance qu'il n'y a rien de nouveau dans le dossier par rapport aux pièces du procès en diffamation gagné par Leclerc en 1975.

Ce qui est évidemment faux, comme j'ai pu l'expliquer sur le plateau du 19/20 de France 3 Bretagne : voir la video.

 

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 19:33
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Après Bakchich la semaine passée, c'est L'Express qui s'intéresse aujourd'hui aux révélations que j'ai publiées sur ce site à propos de la remise controversée de la légion d'honneur à Edouard Leclerc  et de son passé sous l'Occupation. Ces reprises médiatiques ont amené l'intéressé à se fendre d'un communiqué dans l'après-midi. L'homme d'affaires breton indique ne pas avoir "l'intention de laisser salir [sa] réputation et de permettre que soit ainsi falsifiée l'histoire".

S'appuyant sur une ordonnance du 6 février 1945 signée du commissaire du gouvernement qui l'a, dit-il, lavé des accusations portées contre lui, il ne fait aucune mention en revanche dans son communiqué du courrier adressé moins de deux semaines plus tard par le même signataire au procureur de la République. Dans ce document, que j'ai publié voici deux mois, on apprend qu'Edouard Leclerc, "examiné au point de vue mental, a été reconnu irresponsable de ses actes". Deux versions donc bien différentes et dont la seconde a été confirmée par des preuves que j'ai mises en ligne, lesquelles attestent en outre du caractère complaisant du certificat médical.
Qui plus est, lorsque je lui avais posé la question, début février, de savoir s'il était au courant des vrais motifs qui lui avaient valu de sortir de prison, Edouard Leclerc m'avait indiqué n'avoir pas cherché à
connaître exactement les tenants et les aboutissements de l'affaire. Une réponse beaucoup moins affirmative donc que ne l'est son communiqué et qui, au surplus, traduisait un étonnant manque de curiosité s'agissant d'une libération grâce à laquelle il avait tout de même échappé à une issue qui lui aurait sans doute été fatale.

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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 21:43
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En 1974, Edouard Leclerc a publié chez Belfond "Ma vie pour un  combat" dans lequel il revient sur l'Occupation et donne sa propre version des faits au sujet de son comportement durant cette période. Co-auteur des Chroniques de la guerre 1939-1945 dans le Finistère en six volumes, l'historien Joël Le Bras a analysé certains passages de cet ouvrage au regard des documents d'époque qui ont depuis été mis au jour. Il en ressort que dans son autobiographie, Edouard Leclerc enchaîne les mensonges. J'avais déjà évoqué dans ma note du 16 février ce qu'il présentait comme "la preuve de son innocence" alors que dans la réalité, il a été déclaré "irresponsable de ses actes". Autrement dit, son innocence n'a jamais été prouvée : tout simplement parce que le certificat médical (émis dans les conditions que l'on sait maintenant) a mis fin à l'instruction et annulé le jugement prévu.

Joël Le Bras pointe en outre cinq autres contre-vérités :

- dans son livre, Leclerc écrit "le gosse que j'étais" ou encore "j'avais tout juste 16 ans au moment des faits qui me sont reprochés". En réalité, né le 20 novembre 1926, il a 17 ans et demi en avril 1944. Est-ce pour minimiser ses actes qu'il se rajeunit ainsi ?

- Leclerc dit ne pas savoir si l'Allemand Schaad, avec lequel il était en relation, appartenait à la Gestapo. Il aurait fallu être aveugle en pénétrant régulièrement au manoir de Colleville - où Schaad était établi - pour ne pas comprendre que l'on entrait dans l'antre de la Gestapo locale. Tout un chacun savait, à Landerneau, ce qui se passait derrière les murs du manoir.

- Leclerc écrit : "mes conversations avec l'adjudant Schaad ne quittèrent jamais le terrain de la banalité." Faux, bien sûr. Peut-on croire par exemple que c'était uniquement pour prendre de ses nouvelles que Schaad lui demandait régulièrement "Connaissez-vous untel ?"

- Leclerc soutient une thèse dans son autobiographie selon laquelle il dénonçait en fait des pétainistes. Nouvelle erreur : Leclerc se trompe de quelques mois. C'est après la Libération que l'on s'est mis à dénoncer des pétainistes...

- Leclerc dit que c'est "en compensation" de sa détention qu'il a été exempté de service militaire. Là encore, son mensonge est évident. C'est l'examen psychiatrique qui, de facto, a entraîné son inaptitude au service militaire et en aucun cas une volonté de le "dédommager" de son emprisonnement.

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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 14:38
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Un témoignage supplémentaire, émanant cette fois du propre frère d'Edouard Leclerc, confirme le caractère complaisant du certificat médical qui lui a permis d'être libéré sans avoir été jugé.

Dans un enregistrement audioK7 datant de 1976 - dont l'existence était totalement inconnue jusqu'à présent -, Paul Leclerc soulage sa conscience et revient sur les événements dont il a été témoin 32 ans plus tôt.

Paul Leclerc parle de sa mère, de retour de la prison de Mesgloaguen, à Quimper, où elle est allée rendre visite à son fils, Edouard, emprisonné pour "atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat". Il explique ensuite comment elle est allée demander à Pierre Branellec (voir son témoignage) d'intervenir pour qu'un médecin de la Résistance accepte de faire passer le détenu pour fou. Ce qui lui vaudra d'être "ramené à la famille" alors que "dans son dossier, tout y était pour qu'il soit fusillé ".

Voici LA VERSION SONORE de ce témoignage et, ci dessous, sa transcription.

Elle pleurera longuement. Puis, elle rentrera à la maison en disant ? "Mon Dieu, est-ce possible ? Est-ce possible un calvaire pareil pour une mère de famille qui a été honnête et qui s'est sacrifiée  pour ses quinze enfants ?" Elle ira se jeter à genoux aux pieds de Pierre Branellec, à Brest, un ami de la famille, en disant : "Sauvez mon fils ! Ne faîtes pas qu'il soit fusillé. " Car entre temps, les deux vicaires de Landerneau, l'abbé Quiault et l'abbé Le Dantec, étaient venus avertir mes parents qu'il n'y avait pas de possibilité de sauver la tête d'Edouard. Dans son dossier, tout y était pour qu'il soit fusillé. Tout, oui, tout y était. Et alors c'est là que ma mère a décidé d'aller voir Monsieur Pierre Branellec. "Faîtes ce que vous pouvez pour sauver mon fils, sauvez mon fils !" Et Monsieur Pierre Branellec, qui ignorait tout du dossier d'Edouard, il ignorait même que c'était Edouard qui l'avait fait arrêter à Brest avec la Gestapo. Un ancien et un grand ami de la famille. Il ira chercher des amis de la Résistance pour qu'enfin Edouard ne soit pas fusillé. Alors, on a trouvé une solution. On a dit qu'il était inapte à ses actes. On l'a fait passer devant un docteur de la Résistance qui dira "il est fou". On lui a même expliqué comment il fallait faire quand on lui taperait sur les genoux pour faire le simulacre du fou. Et il sera ramené à la famille.


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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 23:59
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Retour sur la polémique

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