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France 3 diffuse ce lundi 8 avril un film d’Antoine Vitkine consacré à Edouard Leclerc, »l’épicier de la République ». Voici quelques extraits du communiqué de présentation diffusé par la chaîne :
Ce documentaire raconte la face cachée de l’inventeur de la grande distribution moderne, ou plutôt ses faces cachées, tant sa vie est pleine de secrets et de contradictions. Petit épicier qui a bâti un empire à la force du poignet, il fut également soutenu par le pouvoir gaulliste. Ancien séminariste demeuré toute sa vie dans sa ville de Landerneau, il fut aussi un homme de réseaux et de coups médiatiques. Défenseur du pouvoir d’achat au discours chrétien social, il a n’en a pas moins servi sa cause d’une main de fer, n’hésitant pas à recourir à la violence et à l’intimidation. Réformateur du commerce, il a suscité la révolte des commerçants et failli plonger la France dans une guerre civile économique. A la tête d’un empire florissant, il n’a pourtant pas choisi de s’enrichir. Personnage public et populaire, envisageant même de se présenter à l’élection présidentielle, il dissimulait cependant un terrible secret, celui de son comportement sous l’Occupation. Incarcéré à la Libération, accusé d’avoir dénoncé des habitants de Landerneau, il est revenu dans cette même ville, au vu et au su de tous, et y a ouvert une épicerie qui bouleversait l’ordre établi. Icône de la grande distribution, décoré de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy au soir de sa vie, il s’est vu confronté à de nouvelles accusations surgies de Landerneau, sa ville qu’il portait comme l’étendard de son aventure commerciale.
Nourri de témoignages inédits et d’archives peu connues, ce film retrace la vie d’Edouard Leclerc, personnage romanesque et troublant. C’est aussi une page de l’histoire de notre pays que l’on parcourt, depuis les formidables mutations des Trente Glorieuses jusqu’aux tabous de la collaboration.

Pour mémoire, après le décès d'Edouard Leclerc en septembre 2012, ses héritiers ont abandonné les poursuites engagées contre moi suite aux informations publiées sur ce site au sujet du comportement d'Edouard Leclerc sous l'Occupation. A ce jour, le levée de ma mise en examen ne m'a toujours pas été notifiée.

Par Bertrand Gobin
Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 22:04
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TGI de Paris

 

Le palais de justice de Paris : voilà où peut mener une enquêteMarianne 2 avril 2011 001-copie-1 journalistique, en l'occurrence celle que j'ai consacrée à la Légion d'honneur attribuée à Edouard Leclerc. S'estimant diffamé - ce  que je réfute évidemment -, l'homme d'affaires a porté plainte et obtenu de la 17e chambre correctionnelle ma mise en examen. Celle-ci m'a été signifiée jeudi 7 avril (2011). Le procès aura lieu dans les prochains mois (... les 31 janvier et 1er février 2013 en fait !). L'hebdomadaire Marianne a consacré un article à cette affaire.

Je remercie au passage le comité de soutien et les nombreuses personnes qui s'y sont associées.

Par Bertrand Gobin - Ecrire un commentaire
Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 22:03
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Ci-dessus, un extrait de l'enquête d'Hugo Plagnard "Les hochets de la République", diffusée sur France 2 le 13 janvier 2011, dans Envoyé Spécial.
Par Bertrand Gobin - Ecrire un commentaire
Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 23:45
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Un an après qu'Edouard Leclerc se soit rendu à Paris pour recevoir des mains de Nicolas Sarkozy sa Légion d'honneur, j'ai eu moi aussi une occasion particulière de "monter à la capitale". Mais dont je me serais volontiers passé. J'avais en effet rendez-vous dans les locaux de la police judiciaire où, sur commission rogatoire du tribunal de grande instance, un capitaine de la BRDP souhaitait m'entendre.

Feignant d'ignorer les nouveaux éléments de son dossier mis au jour tout au long de mon enquête, l'épicier de Landerneau a porté plainte pour diffamation. Ma mise en examen devrait suivre sous peu. Pour les internautes qui découvrent aujourd'hui cette affaire, je renvoie à mes précédents articles. Le plus ancien, daté du 16 février, se trouve en tout bas de page.

Deux infos complémentaires :

- Jeudi 13 janvier, sur France 2, l'émission Envoyé Spécial inclut un reportage sur le sujet.

- Quelques amis, sensibles à la liberté de la presse, ont mis en place un comité de soutien. Un site est en ligne : www.soutienbertrandgobin.com. Une pétition y est ouverte, demandant à Edouard Leclerc d'arrêter ses poursuites.

Par Bertrand Gobin
Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 22:21
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EL

Au début de l'été, Michel-Edouard Leclerc a sollicité un rendez-vous avec le préfet du Finistère afin de lui demander pourquoi il s'était opposé à ce que son père soit décoré de la Légion d'honneur. Pascal Mailhos connaissait les faits de collaboration reprochés à l'homme d'affaires sous l'Occupation. Mais son avis n'a pas été suivi par l'Elysée, l'intéressé s'en était d'ailleurs plaint auprès de Claude Guéant. Privilégiant ses bonnes relations avec Leclerc fils - n'oublions pas qu'il est l'un de ceux qui lui avaient inspiré le thème de sa campagne sur le pouvoir d'achat -, Nicolas Sarkozy, Grand maître de l'Ordre national, avait choisi de passer outre l'avis préfectoral.

En complément des multiples éléments de preuve déjà en ligne sur ce site, la mise au jour de nouvelles pièces de ce dossier atteste des raisons pour lesquelles l'ancien patron des RG, nommé dans le Finistère en juillet 2008, ne pouvait approuver la remise de décoration à l'épicier de Landerneau. Lequel, rappelons-le, a échappé à son procès sur la base d'une certificat médical de complaisance l'ayant déclaré "irresponsable des ses actes".

Voici donc, en exclusivité, ce que le fils Leclerc a pu apprendre lors de son rendez-vous à la préfecture de Quimper.

Répertoriée aux archives sous le numéro de versement 1045W7, la déposition du nazi Herbert Schaad, adjoint du chef du Kommando de Landerneau, est accablante pour Edouard Leclerc. Son nom figure en effet noir sur blanc parmi ceux des 19 membres français de ce Kommando chargé de mener la chasse aux résistants.

Le procès-verbal d'audition de l'officier SS liste par ailleurs dans le détail les 26 opérations menées entre le 15 avril et la fin juin 1944. Le nom d'Edouard Leclerc apparaît dans trois de ces affaires. Voici les extraits du PV :

 Arrestation des Gars d'Arvor

- "Un soir, le jeune Edouard Leclerc, qui m’avait auparavant fourni des renseignements, est venu me trouver à la Kommandantur pour me signaler une liste de personnes de Landerneau qui s’absentaient fréquemment la nuit et qui devaient faire partie de la Résistance. Sur cette liste figurait le nom de Paugam père. Leclerc nous accompagna pour nous indiquer les domiciles des personnes qu’il avait désignées. Cinq ou six arrestations furent opérées, dont celle de Henri Lagadec qui nous avait été signalé par Corre."

Affaire Liserin

- "Ce n’est pas Mme Liserin mais Edouard Leclerc qui nous a signalé que Lucien Liard était communiste et faisait partie de l’association « Les Faucons Rouges ». A cette occasion, Edouard Leclerc nous signala également que M Hourdet, Directeur Général de l’Office Central avait touché du blé en supplément et nous a laissé entendre que cela lui permettait de ravitailler le maquis."

Arrestation de Le Page

- "Edouard Leclerc est venu à plusieurs reprises à la Kommandantur. Il m’a dit qu’il était un fervent partisan de la collaboration et que c’était pour cela qu’il me faisait des offres de service.

Quelques temps plus tard, me disant qu’il était repéré et que c’était trop dangereux de venir à la Kommandantur, il me fixa des rendez vous dans le cimetière. Mais je n’attachais pas une grande importance à ce qu’il me disait.

Il m’annonça un jour que le gardien du cimetière Le Page lui aurait offert un pistolet. Les frères Le Page furent arrêtés puis relâchés sur l’intervention du père de Edouard Leclerc.

Il me signala également un dépôt d’armes dans le cimetière, mais nous n’avons rien trouvé. Il dénonça Le Lann qui avait rejoint le maquis.

Enfin, il me remit une liste sur laquelle figuraient des noms dont celui du père Pengam, des deux frères Corre. Edouard Leclerc nous accompagna pour effectuer ces arrestations, mais je ne crois pas qu’il ait revêtu l’uniforme allemand pour cette occasion."

Edouard Leclerc en uniforme allemand

Cette dernière précision laisse à penser que si "pour cette occasion", Leclerc ne revêtait pas l'uniforme, il le revêtait pour d'autres. Une information à rapprocher de deux témoignages. Tout d'abord, les propos, dignes de foi, de deux personnes de Landerneau (frère et soeur) recueillis par l'historien Joël Le Bras* et  qui lui ont spontanément affirmé avoir vu un soir Leclerc circuler en uniforme allemand dans les rues de Landerneau. Ensuite, le témoignage de Paul Leclerc, le propre frère d'Edouard, qui a déclaré être un jour tombé nez-à-nez sur son frère, armé d'une mitraillette, qui accompagnait des Allemands lors d'un contrôle à un carrefour. Paul Leclerc, qui à l'époque des faits partageait sa chambre avec Edouard, a par ailleurs raconté comment, à la nuit tombée, une fois la maison endormie, il arrivait à son frère de descendre par la fenêtre, aidé d'une corde à noeud, pour aller rejoindre Schaad.

* Joël Le Bras est co-auteur des Chroniques de la guerre 1939-1945 dans le Finistère en six volumes.

 

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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 07:15
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Un "émissaire" finistérien aurait été sollicité pour établir, à titre informel, le contact avec Edouard Leclerc. L'objectif : amener l'intéressé à rendre de lui-même sa Légion d'honneur plutôt que de s'exposer à la situation, beaucoup plus préjudiciable, de voir son cas traité par le conseil de l'Ordre. Cette personne pourrait être le préfet honoraire Yves Guyader, qui n'a pu être joint pour confirmer l'information.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que des courriers demandant des explications au sujet de la Légion d'honneur remise à Edouard Leclerc arrivent sur le bureau du grand chancelier. Outre les membres de la famille Pengam, des représentants d'associations d'anciens combattants et de déportés ainsi que des députés ont fait part de leur étonnement au sujet de cette décoration.

Le général Jean-Pierre Kelche n'a pas donné suite à ces courriers. Il termine son mandat dans quelques jours et ne souhaitait manifestement pas engager une procédure disciplinaire devant le conseil de l'Ordre à la veille de son départ. C'est donc son successeur, très probablement le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d'état-majour des armées, qui va trouver le dossier en prenant ses fonctions.

Sans attendre cette nomination, au sein de la SEMLH, la société d'entraide des médaillés, plusieurs militaires de haut rang, scandalisés par cette décoration, s'activent en coulisses. Ce sont eux qui auraient demandé au Brestois Yves Guyader de se rendre à Landerneau. 

Le prétexte de la mise au jour d'éléments nouveaux (ceux que j'ai publiés le 16 février dernier), postérieurs à la publication de la promotion du 1er janvier 2009, offre une porte de sortie bien commode. Elle évitera à Leclerc de perdre la face - un impératif pour l'enseigne qui prépare la méga animation commerciale de son 60e anniversaire - et à la grande chancellerie d'avoir à s'expliquer sur le passage en force élyséen.

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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 12:36
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EXCLUSIF - Rebondissement dans l'affaire de la Légion d'honneur d'Edouard Leclerc : le préfet du Finistère, sollicité fin 2008 par la grande chancellerie aux fins d'instruire la demande de décoration, avait en fait donné un avis négatif. D'une part, Pascal Mailhos se conformait à la décision d'un de ses prédécesseurs, Pierre Hosteing qui, le premier, s'était opposé à ce que la République honore l'épicier au passé controversé. D'autre part, le nouveau préfet du Finistère ne manquait pas d'expertise en matière de consultations d'archives : il était jusque-là le directeur central des Renseignements généraux. Autant dire que l'avis qu'il envoie à la grande chancellerie est sérieusement motivé.

Quelle ne fût donc pas sa surprise quand il a appris que le nom de l'homme d'affaires breton figurait sur la liste de la promotion du 1er janvier 2009. Furieux que son avis n'ait pas été retenu, il se renseigne auprès de la chancellerie où on lui fait comprendre que c'est l'Elysée - le président de la République est le grand maître de l'ordre - qui a pris la décision de décorer Leclerc. S'ensuit un coup de fil à Claude Guéant : Pascal Mailhos lui dit à quel point il est "scandalisé" par la manière avec laquelle l'Elysée est passé outre son avis.

Comment le secrétaire général de l'Elysée parvient-il à calmer la colère du préfet du Finistère ? Claude Guéant a-t-il demandé à Bernadette Malgorn, qui lui avait succédé à la préfecture de Bretagne et qui a longtemps eu Mailhos comme bras droit, d'intervenir ? Une chose est certaine : Pascal Mailhos n'a plus évoqué le sujet. Peut-être aussi appréhendait-il de se faire traiter de "fieffé salaud" par le fils Leclerc.

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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 07:24
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JT-France-3-Affaire-Leclerc-22-04-2010.JPG

Depuis quelques jours, le service de communication d'E.Leclerc et Michel-Edouard lui-même (MEL, le fils) s'emploient à décourager les journalistes de s'intéresser à la polémique relative à la Légion d'honneur décernée au fondateur de l'enseigne. Y compris sur le mode "ne vous faîtes pas les alliés de nos concurrents, ne rendez pas ce service aux grandes multinationales". On croit rêver...

Jeudi, les rédactions ont reçu un communiqué expliquant en substance qu'il n'y a rien de nouveau dans le dossier par rapport aux pièces du procès en diffamation gagné par Leclerc en 1975.

Ce qui est évidemment faux, comme j'ai pu l'expliquer sur le plateau du 19/20 de France 3 Bretagne : voir la video.

 

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 19:33
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Après Bakchich la semaine passée, c'est L'Express qui s'intéresse aujourd'hui aux révélations que j'ai publiées sur ce site à propos de la remise controversée de la légion d'honneur à Edouard Leclerc  et de son passé sous l'Occupation. Ces reprises médiatiques ont amené l'intéressé à se fendre d'un communiqué dans l'après-midi. L'homme d'affaires breton indique ne pas avoir "l'intention de laisser salir [sa] réputation et de permettre que soit ainsi falsifiée l'histoire".

S'appuyant sur une ordonnance du 6 février 1945 signée du commissaire du gouvernement qui l'a, dit-il, lavé des accusations portées contre lui, il ne fait aucune mention en revanche dans son communiqué du courrier adressé moins de deux semaines plus tard par le même signataire au procureur de la République. Dans ce document, que j'ai publié voici deux mois, on apprend qu'Edouard Leclerc, "examiné au point de vue mental, a été reconnu irresponsable de ses actes". Deux versions donc bien différentes et dont la seconde a été confirmée par des preuves que j'ai mises en ligne, lesquelles attestent en outre du caractère complaisant du certificat médical.
Qui plus est, lorsque je lui avais posé la question, début février, de savoir s'il était au courant des vrais motifs qui lui avaient valu de sortir de prison, Edouard Leclerc m'avait indiqué n'avoir pas cherché à
connaître exactement les tenants et les aboutissements de l'affaire. Une réponse beaucoup moins affirmative donc que ne l'est son communiqué et qui, au surplus, traduisait un étonnant manque de curiosité s'agissant d'une libération grâce à laquelle il avait tout de même échappé à une issue qui lui aurait sans doute été fatale.

Par Bertrand Gobin - Ecrire un commentaire
Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 21:43
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En 1974, Edouard Leclerc a publié chez Belfond "Ma vie pour un  combat" dans lequel il revient sur l'Occupation et donne sa propre version des faits au sujet de son comportement durant cette période. Co-auteur des Chroniques de la guerre 1939-1945 dans le Finistère en six volumes, l'historien Joël Le Bras a analysé certains passages de cet ouvrage au regard des documents d'époque qui ont depuis été mis au jour. Il en ressort que dans son autobiographie, Edouard Leclerc enchaîne les mensonges. J'avais déjà évoqué dans ma note du 16 février ce qu'il présentait comme "la preuve de son innocence" alors que dans la réalité, il a été déclaré "irresponsable de ses actes". Autrement dit, son innocence n'a jamais été prouvée : tout simplement parce que le certificat médical (émis dans les conditions que l'on sait maintenant) a mis fin à l'instruction et annulé le jugement prévu.

Joël Le Bras pointe en outre cinq autres contre-vérités :

- dans son livre, Leclerc écrit "le gosse que j'étais" ou encore "j'avais tout juste 16 ans au moment des faits qui me sont reprochés". En réalité, né le 20 novembre 1926, il a 17 ans et demi en avril 1944. Est-ce pour minimiser ses actes qu'il se rajeunit ainsi ?

- Leclerc dit ne pas savoir si l'Allemand Schaad, avec lequel il était en relation, appartenait à la Gestapo. Il aurait fallu être aveugle en pénétrant régulièrement au manoir de Colleville - où Schaad était établi - pour ne pas comprendre que l'on entrait dans l'antre de la Gestapo locale. Tout un chacun savait, à Landerneau, ce qui se passait derrière les murs du manoir.

- Leclerc écrit : "mes conversations avec l'adjudant Schaad ne quittèrent jamais le terrain de la banalité." Faux, bien sûr. Peut-on croire par exemple que c'était uniquement pour prendre de ses nouvelles que Schaad lui demandait régulièrement "Connaissez-vous untel ?"

- Leclerc soutient une thèse dans son autobiographie selon laquelle il dénonçait en fait des pétainistes. Nouvelle erreur : Leclerc se trompe de quelques mois. C'est après la Libération que l'on s'est mis à dénoncer des pétainistes...

- Leclerc dit que c'est "en compensation" de sa détention qu'il a été exempté de service militaire. Là encore, son mensonge est évident. C'est l'examen psychiatrique qui, de facto, a entraîné son inaptitude au service militaire et en aucun cas une volonté de le "dédommager" de son emprisonnement.

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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 14:38
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Un témoignage supplémentaire, émanant cette fois du propre frère d'Edouard Leclerc, confirme le caractère complaisant du certificat médical qui lui a permis d'être libéré sans avoir été jugé.

Dans un enregistrement audioK7 datant de 1976 - dont l'existence était totalement inconnue jusqu'à présent -, Paul Leclerc soulage sa conscience et revient sur les événements dont il a été témoin 32 ans plus tôt.

Paul Leclerc parle de sa mère, de retour de la prison de Mesgloaguen, à Quimper, où elle est allée rendre visite à son fils, Edouard, emprisonné pour "atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat". Il explique ensuite comment elle est allée demander à Pierre Branellec (voir son témoignage) d'intervenir pour qu'un médecin de la Résistance accepte de faire passer le détenu pour fou. Ce qui lui vaudra d'être "ramené à la famille" alors que "dans son dossier, tout y était pour qu'il soit fusillé ".

Voici LA VERSION SONORE de ce témoignage et, ci dessous, sa transcription.

Elle pleurera longuement. Puis, elle rentrera à la maison en disant ? "Mon Dieu, est-ce possible ? Est-ce possible un calvaire pareil pour une mère de famille qui a été honnête et qui s'est sacrifiée  pour ses quinze enfants ?" Elle ira se jeter à genoux aux pieds de Pierre Branellec, à Brest, un ami de la famille, en disant : "Sauvez mon fils ! Ne faîtes pas qu'il soit fusillé. " Car entre temps, les deux vicaires de Landerneau, l'abbé Quiault et l'abbé Le Dantec, étaient venus avertir mes parents qu'il n'y avait pas de possibilité de sauver la tête d'Edouard. Dans son dossier, tout y était pour qu'il soit fusillé. Tout, oui, tout y était. Et alors c'est là que ma mère a décidé d'aller voir Monsieur Pierre Branellec. "Faîtes ce que vous pouvez pour sauver mon fils, sauvez mon fils !" Et Monsieur Pierre Branellec, qui ignorait tout du dossier d'Edouard, il ignorait même que c'était Edouard qui l'avait fait arrêter à Brest avec la Gestapo. Un ancien et un grand ami de la famille. Il ira chercher des amis de la Résistance pour qu'enfin Edouard ne soit pas fusillé. Alors, on a trouvé une solution. On a dit qu'il était inapte à ses actes. On l'a fait passer devant un docteur de la Résistance qui dira "il est fou". On lui a même expliqué comment il fallait faire quand on lui taperait sur les genoux pour faire le simulacre du fou. Et il sera ramené à la famille.


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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 23:59
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Un mois après la mise au jour, sur ce site, d'un courrier de 1945 de la Cour de Justice du Finistère attestant du caractère médical du non lieu accordé à Edouard Leclerc à la Libération, on en sait aujourd'hui davantage sur "l'examen mental" qui lui a valu d'échapper à son procès. De nouvelles révélations qui ne sont pas de nature à faire retomber l'émoi soulevé chez les anciens combattants et dans les familles de résistants fusillés suite à des dénonciations.
Dans le document ci-dessous, daté de 1975, un certain Pierre Branellec, déclare être intervenu à l'automne 1944, à la demande de la mère d'Edouard Leclerc, auprès de membres du comité de la Libération du Finistère, pour le faire libérer sans être jugé. Pierre Branellec était pendant la guerre l'un des responsables des ADP, les auxiliaires de défense passive, qui venaient en aide aux Brestois n'ayant pas fui la ville. Dans son attestation, ce proche des parents Leclerc explique que les faits reprochés à leur fils étaient si graves que s'il passait en jugement, il risquait d'être fusillé. "La seule solution était de le faire passer pour fou", écrit Branellec. Ce témoignage essentiel laisse donc à penser que "l'irresponsabilité" accordée à Edouard Leclerc, et qui lui a probablement sauvé la vie, ne l'a été que sur la base d'un examen mental de complaisance...

Branellec Pierre
Par Bertrand Gobin - Ecrire un commentaire
Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 20:23
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Une vingtaine de membres de la famille du jeune résistant finistérien François Pengam, fusillé en 1944 suite à une dénonciation auprès d'un chef de la Gestapo, viennent d'écrire au Grand chancelier de la Légion d'honneur. Dans un courrier daté du 5 mars, les signataires font part au Général Jean-Pierre Kelche de leur "profond désarroi" devant la remise de la Légion d'honneur à Edouard Leclerc le 14 décembre dernier à l'Elysée. "Comment la République Française, écrivent-ils, peut-elle aujourd'hui décorer un homme qu'elle avait elle-même "reconnu irresponsable de ses actes" (...) ?".
Le courrier est accompagné de la lettre du Procureur de la République adressée le 19 février 1945 au père de François Pengam qui l'avait interrogé sur l'issue de la procédure engagée contre Edouard Leclerc (voir l'article précédent).
"Profondément affectés" par cette distinction, les membres de la famille Pengam attendent une réponse à leurs interrogations. Copie de leur courrier a notamment été envoyée à Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, Hubert Falco, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants et Guy Teissier, président de la commission de la Défense à l'Assemblée nationale.

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François Pengam s'est engagé dès 1942, à l'âge de 17 ans, dans un groupe de choc des FTP. Arrêté suite à une dénonciation auprès d'Herbert Schaad (Gestapo), il est fusillé le 27 mai 1944 à 19 ans, "emportant dans la tombe les noms de ses camarades qu'il n'avait pas voulu livrer" (extrait de sa citation). François Pengam était originaire de Landerneau (29), où une rue porte son nom.
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 10:28
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La mise au jour des vraies raisons (l'irresponsabilité mentale) qui ont valu à Edouard Leclerc d'être blanchi à la Libération n'a pas manqué de susciter des réactions. En Bretagne, la section interdépartementale de l'Union des Anciens combattants a remis au bureau national un dossier dont elle disposait semble-t-il depuis déjà quelques temps. La SEMLH, la société d'entraide des médaillés de la légion d'honneur, a également été alertée par certains de ses membres, dont d'éminents responsables militaires.
Lorsque, courant 2008, la Grande Chancellerie a fait
instruire, comme c'est la règle, la demande de distinction par le préfet du département concerné, en l'occurrence celui du Finistère, la pièce du 19 février 1945 (voir ma note "Sarkozy a décoré...") n'avait pas encore été mise au jour. Néanmoins, les services de l'Etat dans le département ne pouvaient ignorer les autres éléments déjà assemblés au sujet du comportement d'Edouard Leclerc pendant l'Occupation. Des éléments qu'un précédent préfet, Pierre Hosteing, avaient estimés suffisamment lourds pour s'opposer, en 1970, à une première remise de décoration à l'épicier de Landerneau.
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 09:56
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D'ordinaire bon enfant, le Dîner celtique de Paris a été marqué, jeudi 18 février, par une inhabituelle passe d'armes. Invité principal, Michel-Edouard Leclerc a violemment réagi aux révélations mises en ligne quelques jours plus tôt sur ce site au sujet du passé de son père sous l'Occupation. Devant une petite centaines de personnes médusées, l'homme d'affaires breton s'est littéralement emporté, me traitant de "fieffé salaud" et évoquant un "article immonde". Un courroux à l'opposé de ce que donne généralement à voir ce roi de la com', jamais aussi habile que sur les sujets censés le mettre en difficulté.
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 16:29
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Retour sur la polémique

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Toujours disponible

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Sorti fin 2008, cet ouvrage de Frédéric Carluer-Lossouarn, n'inclut pas les récentes révélations de Bertrand Gobin sur le passé d'Edouard Leclerc pendant l'Occupation.

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